Presentation
Jacques Grinberg (born in 1941), Bulgaria
The Bulgarian artist Jacques Grinberg arrived in France in 1962, at the age of 21, just as the Nouvelle Figuration exhibition was on show at the Mathias Fels Gallery. He had already spent four years studying Fine Art in Israel. He was naturally attracted to new ideas which were trying to break free from the bounds of traditional figurative art and the monotony of abstraction. He held a major exhibition in Ghent in 1963, followed by others in Brussels and Paris, most notably at André Schoeller and Cérès Franco’s galleries.
While every one of Jacques Grinberg’s canvases creates a real visual shock, as if the artist were transmitting a vision of brutality and violence, the most striking aspect of his work is his virtuoso talent as a draughtsman and his dazzling sense of colour. Each of his works is a challenge, part representation, part abstraction. The subject emerges from his colours, punctuated with sharp or generous lines. A splash bursts violently on the canvas to create a shape. The artist shows the process of birth with spectacular mastery and spontaneity. His inspiration comes from everyday life and from mythology, which is the starting point for the explosion and implosion of a being locked up inside his own scream.
Biography
Personal exhibitions
1963 Galery Kaleidoskop, Ghent (Belgium)
1964 Gallery André Schoeller Jr ., Paris
1965 Gallery André Schoeller Jr ., Paris
1965 Greer Gallery, the USA
1973 Sint Pietersaldig museum, Ghent (Belgium)
1984 Dvir Gallery, Tel Aviv ( Israel)
1985 Dvir Gallery, Tel Aviv ( Israel)
1987 Gallery 27, Tel Aviv ( Israel)
1988 Galerie l’Oeil de Boeuf, Ceres Franco, Paris
1990 Galerie l’Oeil de Boeuf, Ceres Franco, Paris
1991 Galerie l’Oeil de Boeuf, Ceres Franco, Paris
1994 Galerie l’Oeil de Boeuf, Ceres Franco, Paris
Group Exhibitions
1961 Chemerinsky Art Gallery, Tel Aviv ( Israel)
1963 Galleri 27, Oslo (Norway)
- Galleria Privada, Madrid (Spain)
- Bookshop Prouoe, Brussels (Belgium)
1964 Galleries Lahumière Levin, "Moralities", Paris
- Gallery Krugier, "Meetings", Geneva (Switzerland((Swiss))
- Gallery André Schoeller, " 28 Current Painters ", Paris
1966 Esperanto Gallery, New York (USA)
- Gallery Claude Bernard, "Portraits", Paris
- Museum of Lausanne, " Experimental Galleries ", (Switzerland((Swiss))
1967 Gallery Heide Hildebrand, Klagenfurt (??)
1968 Moderna Galerija, Rijeka ( Yugoslavia)
1969 Galeria Ivan Spence, Ibiza ( Spain)
1970 Gallery T. Haarlem (Holland)
1973 Gallery of France, Paris
- National library, Paris
1991 Gallery the Eye of Ox(beef), Ceres Franco, " The New Representation ", Paris
1992 Gallery the Eye of Ox(beef), Ceres Franco, " Small Sizes "(formats), Paris
1993 " Lanormalita Dell' Arte ", Milan (Italy)
1996 "Boomerang", Paris
1999 " Biz' art ", Friezes on Yvette (France)
- " The Art dels 70 ", Museum of Contemporary Art of Ibiza
Salons
1964-1965 Salon de la Jeune Peinture
1964-1965 Salon de Mai
1964-1966 Salon des Grands et Jeunes d’Aujourd’hui
Free speech
Jacques Grinberg
French artist
Born in Sofia (Bulgaria) in 1941.
After studying at the Fine Arts school of Tel Aviv (1957—1960), he lands in Paris.
Artistic effervescence is at its height: it is the beginning of the new figuration, in which one finds Pouget, Maryan, Christoforou, Arroyo, Segui… He has already found his style of painting and fits into this group of artists without difficulty.
As of 1964, Galerie André Schoeller (junior) signs a contract with him. After the closure of the gallery, he stays out of the limelight for a few years, exhibiting from time to time in Belgium or in the United States. In the 1980’s, he returns to Israel, where he puts on several shows (1984, 1985, 1987).
From 1988 to 1994, he exhibits at the Galerie l’Œil de Bœuf.
Press
Jacques Grinberg
Celui qui pose des questions
“Je suis un vieux peintre qui essaie de peindre. C’est tout. La seule chose qui m’intéresse, c’est peindre”. Calé dans un fauteuil homérique, une cigarette dans une main, une canette dans l’autre, Jacques Grinberg jette sur les toiles de sa prochaine exposition des regards émus mais exigeants, amoureux. Il y a là des dents, des griffes, des chocs et des chutes, mais aussi beaucoup de poésie ; un grand oiseau-lac, un petit oiseau à gorge-lune, des oiseaux-fleurs, beaucoup de chouettes, “j’adore la sagesse qu’elles représentent” et des renards. “Chez les Hébreux, le renard est l’animal qui pose les questions.” Et aussi un âne, portant un masque africain. Et encore des grappes de lilas et des tranches de pastèque.
“À chaque fois, dit-il, je donne un lieu formel à une idée.” À chaque fois, comme dans les portraits d’Arcimboldo, les formes imbriquées provoquent des visions, évoquent des métamorphoses, stimulent l’imagination.
Tous ces hommes-crabes, ces femmes-pieuvres, ces araignées piégeant des papillons sont traités d’une même manière : tout explose, jaillit, darde ses extrémités et gonfle ses membres. “Ça commence par une tache et puis il me faut des griffes, quelque chose de violent. Et ça devient Le chat sur un trapèze, ou Le sourire du vainqueur. Je ne me répète pas, c’est ça qui compte. Les gens qui se répètent n’ont pas d’esprit.”
Tout est cerné de traits fermes évoquant les lignes du fer forgé.
Tout claque, aussi, comme des drapeaux tant les tons adoptés sont francs. On songe au théâtre espagnol, au groupe Cobra et à ses épigones, n’en déplaise à Grinberg qui préfère se référer à Manet ou à la calligraphie orientale. “Mes couleurs sont éclatantes, pas lumineuses. La lumière s’y insinue, parfois de façon invisible et toujours de manière éparpillée.”
Déçu par le triomphe du confort bourgeois sur tout projet de bonheur collectif ou d’épanouissement individuel dans l’occident d’aujourd’hui, si Grinberg aime à ce point la peinture c’est qu’en incarnant sa colère et sa fantaisie elle constitue sa fugue à lui. Tout comme la littérature permettait au marquis de Sade auquel il se réfère volontiers de sublimer les enfermements et les incompréhensions. Peindre est pour Grinberg la seule manière de poursuivre une tentative d’évasion commencée à Sofia (1941), poursuivie à Tel-Aviv, puis à Paris (1962) et à Londres. “Je ne date pas mes tableaux, dit-il, parce que sur la bonne peinture le temps ne passe pas.”
Sur l’appel de la liberté, c’est la même chose.
Françoise Monnin, Paris décembre 2001.
Les propos de l’artiste ont été recueillis dans son atelier, à Malakoff (92) en décembre 2001.

