Alejandro Marcos 

Œuvres dans nos réserves

  • Présentation
  • Biographie
  • Libre propos
  • Ils en parlent


Présentation


Alejandro Marcos

Né en 1937 à Salamanque (Espagne)
Réside en Argentine de 1949 à 1963
S’installe à Paris en 1963.

Marcos est un peintre classique.
Pour cette deuxième exposition à la galerie, il a choisi de puiser dans sa mémoire ses souvenirs d’enfance à Salamanque. Il nous livre sans pudeur dans une débauche de couleurs une véritable anthologie de l’iconographie chrétienne espagnole.
 


Biographie


Alejandro Marcos
Peintre et graveur.

Né en 1937 à Salamanque (Espagne).
Réside en Argentine de 1949 à 1963.
Vit à Paris depuis 1963.

Principales expositions personnelles

1962 : galeria Barin, Buenos Aires, Argentine
1965 : galeria Lascaux, Buenos Aires, Argentine
1966 : galerie Florence Houston Brown, Paris
1970 à 1976 : galerie T., Haarlem-Amsterdam
1971 : galeria Valribera, Ibiza
1973 : Fondation Nationale des Arts Graphiques et Plastiques, Paris
1973 : galerie L’Œil de Bœuf, Paris
1973 : The Pollock Gallery, Toronto, Canada
1975 : galerie Scindler, Berne, Suisse
1975 : galerie Theoria ,Courtrai (Belgique)
1976 : centre culturel municipal de Villeparisis
1976 : galerie municipale de la Ville de Vitry
1977 : galeria Mestre Mateo, La Coruna, Espagne
1980 : galerie Etienne de Causans, Paris
1984 : galerie Theoria ,Courtrai (Belgique)
1986 : galerie Jean Briance, Paris
1987 : galerie Jean Briance, Paris
1991 : galeria Sudan, Buenos Aires, Argentine
1991 : galerie Lefor Openo, Paris
1992 : galerie Theoria ,Courtrai (Belgique)
1997 : galerie Mostini, Paris
1998 : centro cultural Recoleta, Buenos Aires, Argentine
1999 : galeria Argentina, Paris
2002 : galerie Lefor Openo, Paris
2003 : « Las majas », galerie idées d'artistes, Paris
2004 : galerie Libertad 1389, Buenos Aires, Argentine
2005 : galerie Arc de Triomphe, Saintes
2005 : galerie DART « Retorno de exilo », Barcelonne, Espagne
2005 – 2006 : galerie idées d’artistes « Recuerdos », Paris


Ouvrages

Éditions de la Grand’Rue
« Aven » : Poèmes de Claude Pierre Boutet. Gravures de Marcos.
« L’exhaustif » : Poèmes de Pierre Chaber. Gravures de Marcos.
« Nuit Percale » : Poèmes de Catherine Topall. Gravures de Marcos.
Éditions Raina Lupa

« Campos de Castilla » : Poèmes d’Antonio Machado. Gravures de Marcos.
« Si c’est un homme » : Textes de Primo Levi. Gravures de Marcos.

Éditions Markos

« Senos/Seins » : Textes de Ramon Gomez de la Serna.
Gravures de Marcos (Trois livres avec deux gravures dans chaque livre).
« La Terre » : Poèmes de Leopoldo Lugones. Gravures de Marcos.

Prix

Prix de peinture « Novembre à Vitry »
Prix de gravure :
Bienal interamericana de grabado, La Havane, Cuba
Rank Xerox de gravure,
Biennale internationale de gravure de Cracovie, Pologne

Collections publiques

Art contemporain d’Utrecht, Pays-Bas
Bibliothèque nationale, Paris
Collections d’art moderne de la Ville de Paris
Musée des beaux-arts de la Ville de Mons, Belgique
Museo de arte moderno de Buenos Aires, Argentine
Museo de arte moderno de La Habana, Cuba
Museo de arte Moderno de Santiago de Chile, Chili


Libre propos


Par Christian Noorbergen

Graveur des profondeurs, ( « La vie est grave, il faut gravir.. » ) Marcos vient d’Espagne ou d’Argentine, et sans doute s’origine dans des nostalgies plus lointaines et plus âpres. Né en 1937 à Salamanque, il réside au pays du tango et des gauchos de 1949 à 1963. Depuis, il vit à Paris.

Il a gravé le bois pour des chansons tziganes, dans un livre de Romane Zilia, à paraître au printemps. Il a témoigné sur les œuvres fortes d’Antonio Machado ( « Campos de Castilla » ), Leopoldo Lugones ( « La terre » ), et Ramon Gomez de la Serna ( « Seins » ). Il a illustré le si poignant Primo Levi…

Prix de gravure à La Havane, à Cracovie.

Peintre majeur, Alejandro Marcos vient d’exposer à Barcelone ( avec Braun Vega, Richard Texier, Antonio Segui et quelques autres ) sur le thème de l’exil… Il n’a pas oublié Salamanque, somptueuse ville universitaire de Castille, qui fut capitale européenne de la culture, et qui marqua si grandement sa première jeunesse. L’iconographie chrétienne d’Espagne, d’essence tragique, et déferlante d’émotions brutales, plus que tout autre, dérange l’espace intime, en laissant traces et plaies dans les champs de l’enfance.

L’artiste-magicien part de ces zones secrètes, où le noyau de l’affect enracine la puissance des impressions initiales, avant que la grammaire mentale n’impose son ordre partagé, et la foule trop claire de ses certitudes. Il laisse la pudeur aux oubliettes pour oser un face-à-face cru qui laisse pantois et pantelant. Et il prend soin d’écarter tout repère de tranquillité. Espace ouvert, à vif, et sans anesthésie culturelle. Comme si Marcos peignait au scalpel.

Sous la religion qu’il transforme couvent les masques primitifs, et plane l’odeur sourde des sacrifices. Sa peinture, proche d’un Souvraz ou d’un Alary, est à l’intérieur de quelque chose. Elle se bat et se débat dans le gouffre obscur où s’agite le monstrueux, quand il s’agit d’endosser un corps qui n’est ni ange ni bête, et qui va surgir en dure apparition. Corps qui se veut un, et qui en lui-même est crucifié.

Les rites picturaux conjurent l’angoisse des enfances perdues. La peinture de Marcos sidère les faux-semblants par l’offrande d’une création violente, fabuleuse, et violeuse de vide.

Le fantôme, le pénitent et le vaudou hantent les bas-fonds barbares et chargés du religieux. L’enfance et la magie creusent de sombres souterrains sous la couche partagée de l’art et du sacré, et Alejandro le ténébreux remplace la lumière par les ombres cendreuses de la grotte archaïque, et la musique du ciel par les incantations hallucinées du blasphème.

Et l’espace où sa Maja se dévêt de son corps est lourd de dangers latents.

à paraître dans Artension n°27 (janvier-février 2006)


Ils en parlent



 

Quelques mots sur Alejandro Marcos


Marcos est né à Salamanque en 1937. À l’âge de 12 ans, il émigre en Argentine. Sa famille fait partie des « reclamados » et peut ainsi quitter l’Espagne franquiste.
Il entre dans un internat qui doit le préparer au séminaire.
Durant deux ans, il vivra en Patagonie et découvre les paysages de la Pampa argentine. Il fait alors sa première rencontre avec la peinture. Echegarai, peintre d’images religieuses, lui enseigne le chatoiement des couleurs et la diversité des alphabets. Il participe ainsi à la réalisation de décors pour les pièces de théâtre de son école.
Son destin est scellé. Il refusera de poursuivre le séminaire et rentre à Bahia Blanca (900 km au sud de Buenos Aires), il y retrouve sa famille et surtout son cousin avec lequel il suivra des cours du soir pour améliorer son dessin.
En 1960, il s’installe à Buenos Aires et se retrouve dans l’atelier de Juan Carlos Castagnino qui avait travaillé avec André Lhôte à la Grande Chaumière à Paris.
La deuxième grande rencontre sera celle du peintre-graveur José Antonio Berni en 1961, (Berni recevra en 1962 avec Giacometti le grand prix de la Biennale de Venise).
Berni lui apprend la gravure et lui fait entrevoir une autre façon d’aborder la peinture, en particulier le principe du collage et des incrustations d’objets hétéroclites.
En 1963, il décide de se rendre à Paris. Il fait plusieurs petits boulots pour survivre et rénove l’appartement de Cérès Franco puis le nouvel atelier de Berni.
Tout un groupe d’artistes argentins va se réunir régulièrement dans ce lieu. On citera : Antonio Segui, Jack Vanarsky, Léa Lublin, Cristina Martinez…
Sa première exposition se tient dans l’appartement de Cérès Franco en 1964.
Jusqu’en 1980, sa peinture est fortement marquée par une critique sociale féroce. Il s’installe dans une forme entre le pop’art et la figuration narrative, chère à Gérald Gassiot-Talabot. Des personnages androgynes seront mis en scène qui dénoncent les tortures pratiquées en Amérique latine ou les atrocités de la guerre au Vietnam.

En 1981, il considère qu’il est nécessaire de revenir au modèle et à une plus grande intériorité.
Il abandonne pendant trois ans l’acrylique pour se confronter à l’huile. Des paysages apparaissent de même que tout un bestiaire. C’est alors qu’il commence à faire des portraits sur commande.
Considérant qu’« une œuvre c’est une vie, pas un moment », il refuse de dater ses toiles.
Dans la suite de ce travail, les Majas apparaissent. C’est l’image éternelle de la femme. Mais celle qui a deux visages, celle qui peut tout se permettre, telle les icônes proposées par Almodovar où la femme est danseuse et torero.
La femme de Marcos se déshabille, mais dans le champ pictural il y a cet aven énigmatique. Le risque est toujours là.
Marcos dira volontiers qu’il n’aime pas faire des autoportraits. Il se retrouve très bien dans l’image du petit singe qui regarde la Maja.
Parallèlement à sa carrière de peintre, Marcos qui aime les livres : « il n’y avait pas un seul livre à la maison », participera à l’édition de nombreux ouvrages accompagnés de gravures.
Maintenant Marcos a envie de travailler sur « la vie et la mort d’A.M ». Il se sent en accord avec sa culture profonde, avec celle qu’il a tétée depuis sa naissance.
L’Espagne revient dans toute sa puissance et sa grâce.

8 octobre 2003
Dominique Polad-Hardouin
 

 

Accueil / Expositions / Actualités / Artistes / Galerie / Presse / Contact

Plan du site - Mentions légales

Réalisation Novatix