Ibrahim Shahda 

Œuvres dans nos réserves

  • Présentation
  • Biographie
  • Libre propos
  • Ils en parlent


Présentation



Shahda en quelques dates

Naissance d’Ibrahim Shahda le 2 octobre 1929 en Egypte à Al-Azizaya, petite ville du delta du Nil. Son père, directeur d’école encourage ses dons de dessinateur.
En 1947, il entre aux Beaux-Arts du Caire ; il est diplômé en 1952.
En 1956, il vient dans le Midi de la France, où il restera jusqu’à la fin de sa vie faisant notamment quelques coupures à Paris (1955 ; de 1962 à 1964) et en Bretagne (1965 et 1966).
A partir de 1975, de graves problèmes de santé bouleversent sa vie.
Il meurt le 28 août 1991.
 


Biographie


Etude aux Beaux-Arts du Caire sous la conduite de Beppi Martin
Arrive en France en décembre 1955 ; après un bref séjour à Paris, il s’établit en Provence

- En 1958, il obtient le Grand Prix d’Avignon et le Grand Prix d’Aix en Provence

- Il fait plusieurs expositions particulières à Avignon, Paris et en 1972 à l’Hôtel de Ville de Carpentras

- A partir de 1975, connaissant des problèmes de santé, il vit plus retiré et se donne tout à son travail.

- Il expose en 1981 au Musée Duplessis et à la Chapelle du Collège ; en 1984, de nouveau à carpentras, à la Charité.

- Ses dernières toiles seront datées de juin 1991
 


Libre propos


Sur les traces d’un assoiffé de lumière…

Evoquer la haute figure – au propre, au figuré - d’Ibrahim Shahda c’est me retremper dans un bain de jeunesse, - bain de jouvence ? -, dont il partagea lueurs, apprentissages, conversations animées, regards inquiets, périodes d’éloignement.

Formidable année 1967 ! Descendu en Provence sans le sou, diplôme de droit en poche, avide de découvertes, de rencontres, d’art et de Van Gogh, je suis tombé, en Vaucluse, coup sur coup, sur une demi-douzaine de peintres. Pactole !
Nonobstant les aléas de la vie et les temps distendus, ils n’ont plus cessé d’être mes amis. A la vie, à la mort. Circonstance fortuite mais attachante, jeunes et aînés, ils se connaissaient tous, s’appréciaient, fût-ce de loin. Et tous étaient habités, de lumières diverses. Tous depuis ont gardé cette flamme créatrice qui les aura transfigurés et les transfigure jusqu’au bout d’eux-mêmes et au-delà. L’art, le vrai, n’est-il pas dépassement de soi !
Si Evert Lindfors, le viking de Lacoste généreux et flamboyant, s’est remodelé en sculpteur, en artificier de ces terres d’ocre qu’il dédie, sous forme d’effigies des campagnes, aux laborieux, cultivateurs et paysans, chers à ses sens, Gérard Alary, Dominique Barrot (le père de Ronan, qui aura grandi dans le mythe de Shahda), Barbara Blomqvist, sont encore et toujours peintres en butte aux exigences d’une espèce d’éternité qui les galvanise. Doué comme pas deux du bas de ses dix-huit ans d’alors, Pierre Surtel a certes troqué la peinture contre des installations, mais quelle différence, puisque, magique, quarante ans après, la flamme y luit. Paul Surtel, l’aîné, héritier de Cézanne et Corot, et père d’un trio de garnements, est mort en 1985, à l’âge vénérable de 92 ans. C’est à lui, puis à son fils Pierre, que se confia longtemps, inquiet mais fier, sensibilité à fleur de brosse et de peau, celui qui nous intéresse ici, l’Egyptien Ibrahim Shahda.
Un Shahda mort beaucoup trop tôt, beaucoup trop jeune, en 1991. Il avait 62 ans. J’en garde un souvenir profond.

Si je me plais à citer ces amitiés multiples, c’est que la stature de Shadha, l’amplitude de son tempérament d’étincelles, de feu, de braises, d’orages, aura alimenté nos admirations à tous, comme les conversations de nos vingt ans et quelques.
Fin des sixties, l’aura provençale de Shahda était forte. Les deux Grand Prix de Peinture du Festival d’Avignon et d’Aix-en-Provence, qui lui échurent en 1958, agitaient les consciences. Et ses tableaux s’alignaient dans les galeries et centres d’art d’Avignon, Carpentras, ou même Paris. 
Plus solitaire, distant, secret que les autres de ces amis, Shahda était d’un abord moins facile, moins disert, davantage retranché sur ses bases. Alors, on en parlait entre nous, éblouis par ses urgences chromatiques, ses pastels comme des torches ou des délices, ses paysages et ses fleurs animés par tramontanes et mistral. Mais aussi attristés par ses paroles sombres des soirs de doutes
Ma première rencontre avec lui remonte, elle aussi, à cet été-là. A l’occasion d’une exposition, de je ne sais plus qui, à Carpentras. Pierrot (Surtel) qui me présenta à lui, m’avait, un peu vite à l’époque, affublé de la particularité du critique d’art (avais-je déjà écrit autre chose que des brouillons, des pochades !).
Peu impressionné, Shahda fronça les sourcils et, circonspect, m’accueillit d’un glacial : « Vous me paraissez bien jeune pour un tel ouvrage ! » La rencontre eut pourtant lieu, timide et promise à des revoyures.

 

ROGER PIERRE TURINE
Critique d’art
Bruxelles, le 12 décembre 2008
 


Ils en parlent


Né en Egypte en 1929 et mort à Aubignan en 1991, Ibrahim Shahda a accompli l’essentiel de son œuvre en Provence, où il élut domicile quelque temps après son arrivée en France, en 1955. Après des séjours à Paris et en Bretagne et quelques voyages d’études, en Toscane notamment.
En 1958, il obtint les prix de Peinture des festivals d’Avignon et d’Aix-en-Provence. Le chemin s’ouvrait à lui et il s’y engagea avec ferveur, passion et inquiétude.

Shahda, qui exposa maintes fois à Carpentras, Avignon et Paris, ne connut jamais la reconnaissance qu’une introduction dans le monde de l’art et des marchands internationaux lui aurait, assurément, valu.

Homme de contrastes, Ibrahim Shahda a développé un art de la peinture et du pastel d’une rare puissance évocatrice.

La plupart des œuvres exposées par la galerie sont des autoportraits datés du début des années 1980. A cette époque, Shahda, déjà malade (il mourra seize ans après les premiers symptômes), s’était entièrement retranché du monde, obnubilé par le devoir et le bonheur de peindre.

Ses grandes huiles sont véhémentes, exacerbées, chromatiquement brûlantes et convulsives. Ses autoportraits sont des torches, vêtements qui disparaissent sous la houle des coups de brosse, visages qui s’atrophient à mesure que le temps passe. Un festival d’ocres, de bleus, de blancs, de jaunes, de rouges.

Datent de la même époque des pastels des longues soirées de veille, d’un  temps où la peinture monumentale lui était devenue un exercice trop éprouvant. Des autoportraits le plus souvent. Mais davantage retenus, entre ombres et lumières, baignés de mystère, lourds de regards  et d’intensité dramatique.

 


Autoportrait au corps très large

Autoportrait vert et rose, accents noirs

Autoportrait au corps clair, visage coloré

Autoportrait de face, tête rejetée en arrière

Autoportrait de face, rose et noir

Autoportrait au vêtement fait de larges touches bleutées

Autoportrait aux larges touches noires sur les épaules

Iris en largeur dans un vase

Autoportrait avec une sorte de surplis
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