Lucy Stein 

Œuvres dans nos réserves

  • Présentation


Présentation


Née en 1979 en Angleterre.
Vit et travaille à Berlin.
 

Pour l’exposition « Holy Destruction », Lucy Stein a présenté à la galerie polad-hardouin, l’an dernier,  une toile hommage à Soutine... Un symbole pour cette artiste qui a choisi la peinture figurative et développe un langage pictural fort. Avec un humour souvent irrévérencieux.

Pourquoi êtes-vous devenue peintre ?

J’ai toujours été une artiste et il me semble quasi évident que je suis née peintre.

Vous avez étudié avec Marlene Dumas à de Ateliers, à Amsterdam. Qu’avez-vous appris là-bas ?

Aux Ateliers, j’ai appris que je ne pouvais pas boire comme un trou et faire du bon travail.

Au cours de l’exposition « Holy Destruction », l’an dernier, à Paris, vous avez montré une peinture intitulée « Oh Soutine ». Est-il un mentor, un maître ?

Soutine a été très important pour moi, dans ma vie, mais la raison pour laquelle je l’ai choisi pour cette peinture, c’est que son nom rime avec Ketamine*.

Vous avez choisi d’être un peintre figuratif, mais vous brisez quelques stéréotypes. Les humains, particulièrement les femmes, ne sont pas si glamour... Il semble que vous avez un regard ironique sur l’être humain ? Hommes et femmes peuvent être pathétiques, mais vous apportez toujours une touche d’humour spéciale pour subvertir votre travail. Quel est votre but ?

Concernant cette question, il me semble que vous y avez répondu vous-même ! Toutefois, jusqu’à présent, je n’ai pas ressenti que je pouvais apporter quoi que ce soit au débat de la peinture, si ce n’est ma propre manière, si particulière, de décrire l’exubérance comme une forme de détresse, d’angoisse, ou la détresse, l’angoisse, comme une forme d’exubérance, et donc, mes personnages sont toujours accentués. L’humour est vital pour moi, particulièrement lorsque je sens expatriée** depuis si longtemps. L’humour britannique a vraiment aiguisé ma personnalité.

La détresse, l’angoisse, est interprété de façon théâtrale dans mon travail. Mes personnages ne sont pas tous dans la souffrance, quoique. Récemment ils sont devenus beaucoup plus auto-suffisants, ont tourné leurs dos à ce supplice. Mon nouveau travail ne représente aucune personne dans la souffrance ! Mais chaque fois qu'ils ont été misérables, c'est dans l’exubérance. L'exubérance est un mot clé.

Vos peintures sont comme des paysages personnels où personne n’est parfait. Voulez-vous réveiller vos contemporains et leur faire ouvrir les yeux sur la vie quotidienne et tous les standards véhiculés par notre histoire et notre culture ?

A ce stade, je suis plus intéressée par l’histoire que par la culture, quoique je trouve l’idée du point de vue de la femme (« female gaze ») plutôt satisfaisant et sous-représenté en art. Globalement, les femmes sont beaucoup plus fascinées par les femmes que par les hommes et probablement plus intéressées d’y poser leurs yeux. Les lycées grouillent de filles dessinant des filles partout dans leurs blocs-notes, dans la classe de chimie. J’ai connu au moins cinq de ces filles si je suis heureuse de me battre de leur côté. L’histoire, toutefois comporte de riches pioches pour une femme peintre, d’autant qu’il y a pas mal d’endroits où s’effondrer en imagination.

Dans votre travail, les mots peuvent interférer avec la peinture, comme si vous vouiliez être sûre de délivrer un message. Deux fois. Différent, peut-être ? Aimez-vous les slogans ou avez-vous peur d’être incomprise ?

Les mots peuvent jouer nombre de rôles. Je peux m’égarer sur le terrain des slogans mais je n’essaie pas de le faire. Parfois, j’aime bien utiliser des slogans pop du style Easyjet, comme « Allez, envolez-vous ! » ou je fais une fixation sur une citation comme « Mon cœur est aussi transi qu’une pomme de terre » de DH Lawrence. D’autre fois, ce n’est que le fait de penser tout haut et le travail devient un texte-peinture, dont les lettres sont la forme. Je n’ai pas vraiment peur d’être mal interprétée parce que je ne pense pas que l’art ait besoin d’être expliqué ou compris aisément. Dans la peinture « Oh Soutine », par exemple, c’était juste une petite rime qui me passait par la tête quand j’ai croisé quelques paysages en faisant un tour à Bâle en 2008. C’est juste une petite chose idiote. Ainsi j'ai pensé ce serait amusant de faire une peinture au style irrévérencieusement désinvolte, mais grande, où les mots et les images occuperaient un espace égal et où tout semblerait très libre.

 

Propos recueillis par Molly Mine

*La Ketamine est un anesthésique, que certains utilisent, de manière évidemment détournée, comme stupéfiant.

**Britannique, Lucy Stein vit à Berlin.

 


Biographie



Libre propos



Ils en parlent



Pape John paul

My heart as numb as a potato

Simonetta

Basquiat Charisma

Phelps Envy

Lady and the Radiator
 

Accueil / Expositions / Actualités / Artistes / Galerie / Presse / Contact

Plan du site - Mentions légales

Réalisation Novatix