Guy Oberson 

Œuvre dans nos réserves

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Présentation



Le travail de Guy Oberson est celui d’une lente mise à nu. Il accumule les traits de fusain, de crayon et de craie pour révéler cette part intime que détient chaque individu en son corps. Le mouvement d’une main, l’inclinaison d’une épaule ou le creusement d’une hanche expriment chacun ou l’invite ou l’abattement ou l’abandon. Le silencieux langage du corps est exprimé dans une élégante simplicité, d’une évidence grandiose.

Guy Oberson en quelques dates

Né en 1960, Guy Oberson peint et dessine depuis l’enfance. Artiste touche à tout, il est également apprécié pour ses sculptures et installations. Sûr de ses techniques, il n’hésite pas à créer des œuvres en direct, au cours de performances. En 2000, à Lausanne, il a réalisé une sculpture en direct (avec 40 m2 de terre arable). Depuis 2004, il consacre l'essentiel de son travail au dessin du corps humain, en particulier du portrait.


Biographie


PRINCIPALES EXPOSITIONS PERSONNELLES

2006 Galerie Idées d'artistes, Paris

Galerie Selz art contemporain, Perrefitte (Jura - Suisse)

2005 Galerie Ferme du désert, Lausanne

2004 Galerie Jean-Jacques Hofstetter, Fribourg

Galerie Nelly L'Eplattenier, Lausanne

2002 Galerie Grande Fontaine, Sion

Librairie-galerie "Du côté de chez Swan", Zurich

2001 Galerie Jean-Jacques Hofstetter, Fribourg

Galerie du Château, Avenches

2000 Galerie La Schürra, Pierrafortscha (Fribourg)

1998 Galerie la Tour, La Tour-de-Trême

1997 Galerie Côté Cour, Rolle

1996 Galerie Tzanzero, Payerne




PRINCIPALES EXPOSITIONS COLLECTIVES

 

 


2007 Intranquille Amour, galerie Polad-Hardouin, Paris

2004 Galerie Idées d'artistes, "De Lydie Arickx à Vélickovic", Paris
Europ'Art, foire de l'art, Genève
Galeries du Bourg, expo Visarte, Fribourg

2003 Salon d'automne, Espace Auteuil, Paris

2002 Galerie du Vide-Poches, "Echo des profondeurs", Marsens

1999 Mairie de Divonne-les-Bains : exposition des Lauréats du Concours Transfrontalier d'Art Plastique 1999 Divonne-les-Bains (France)

1998 Galerie Les Yeux Noirs, Romont

1997 Kirchgemeindehaus, Oberwinterthur et Galerie Burehuus, Kulturzentrum Leimental: Exposition thématique "Jonas“

1991 Galerie de la Ratière: Salon d'hiver, Romont

1988 Galerie de la Ratière: Forum de la jeune peinture romande, Romont

PERFORMANCES - INTERVENTIONS IN SITU

2005 Festival Science et cité, Jardin botanique, Fribourg: "Jardin d'artiste" intervention in situ, création d'une œuvre en direct

Théatre "connecté", Nouveau monde, Fribourg: peinture-performance

2000 Comptoir suisse, Lausanne : « Terres éphémères », création d'une sculpture en direct (avec 40 m2 de terre arable)

1998 Fêtes des arts - Vuille 98, Fribourg : Installation dans une usine désaffectée

CONCOURS

1999 Concours Transfrontalier d'Art Plastique 1999, Divonne-les-Bains, France
Prix d'encouragement de la ville de Divonne-les-Bains

PUBLICATIONS

2004 LA TENTATION DU PORTRAIT, dessins et peintures 2002-2004"
Textes de Jacques Sterchi,
Kokto Kopyright édition

2003 Légère intrusion" correspondance avec Jacques Sterchi, portfolio, Kokto Kopyright édition

"Grand œuvre I, II, III, IV" correspondance avec Jacques Sterchi, portfolio, Kokto Kopyright édition


Libre propos


Des portraits de Guy Oberson
ou “Arracher la figure au figuratif” (Deleuze).

L'accueil est sympathique, les manières de l'homme sont d'une grande douceur. Mais les modèles qui ont eu l'imprudence de s'asseoir dans son atelier sont tous portés disparus. Vous ne reconnaîtrez pas les corps. C'est pour ça qu'il préfère peindre d'après photos. Petite précaution d'assassin.

Je sais comment sa main tient la craie. Quand dans le secret de l'atelier il lacère, déchire, suit le sillon d'une ride, cette esquisse qui indique la voie au scalpel, couper ici, creuser, creuser jusqu'à toucher l'os, et gratter encore, sortir la matière, accumuler les couches… Sombre miracle des traits qui se superposent en orifices, en percées, quand l'artiste pèse contre le corps, contre la chair qu'il fouille. Son couteau de nuit taille en éclairs.

Ouvrir la peau - mais coudre la bouche, attentivement coudre la bouche, la sceller en points serrés, et crever les yeux, bien sûr. Saisir l'essentiel, la voix sans les mots, saisir le tremblement étouffé des cordes vocales, et dévoiler le regard qui brûle loin derrière l'iris, derrière la pupille. Arracher le reste, arracher l'inutile et puis laver, laver encore, délaver jusqu'à dissoudre. Craie noire, chaux vive.

Lui y laisse des ongles, brûlés par le papier, et beaucoup de soi. Il se recule souvent, pour échapper à l'œuvre en fusion, mais en vain : les portraits qu'il trace sont toujours un peu ceux de son propre visage. L'autre y perd son être.

Reste un goût de fer, peut-être, dans la bouche du peintre. Rien de volontaire ou de recherché, juste une conséquence. Et reste la trace, sa main. Dans l'épaisseur du papier, elle a creusé des profondeurs de tombeau - mais la trame du suaire palpite, habitée, la trame vibre. Car ce n'est pas une empreinte qui s'est posée là. C'est le frémissement d'un corps. La beauté, la douleur, la fureur, l'étonnante douceur, parfois, d'une présence.
Il faut que le démiurge soit meurtrier, pour nous livrer ainsi l'électricité de la vie.

Pascal Janovjak


Ils en parlent




Sur le sol - Ref : 216
2007, Pierre noire sur papier, 40 x 50 cm.

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