Emmanuelle Renard - La cuisine des nécessités, Paris
Du 18 mars au 22 avril
Emmanuelle Renard explore dans la peinture le noeud
qui unit – ou sépare – deux espaces, deux temps, deux
mondes. Sa peinture matérialise la trace de la fracture,
s’immisce dans l’instant fragile où tout se fait et se défait.
Un défi, une gageure, tel l’anneau de Moebius,
exemple de distorsion de la figure parfaite, le cercle…
Peintre de l’extrême, Emmanuelle Renard met sa peinture
en tension, explorant la distorsion des formes, en
des lignes de corps qui se délitent tout en s’incarnant
de matière, jusqu’à devenir dévorantes. Le trait se fait
à la fois coupure, disjonction, tout en s’enroulant en une
courbe qui le rend tentacule, possession.
Par ses couleurs qu’elle fabrique elle-même avec ses
pigments, elle donne à son propos une présence à la fois
très physique et allusive, incarnant cet entredeux par
des constructions baroques où le chaud juxtapose le
froid, où le brûlant s’expose à la glace. Dans ce combat
sur toile où la ligne et la matière s’affrontent singulièrement,
il n’y a pas de place pour la tiédeur.